La droite bolivienne jubile après son putsch séparatiste
Bolivie . Le « oui » à l’autonomie de Santa Cruz arrive en tête, mais sur fond d’abstention. Et surtout d’illégalité. Le président Evo Morales ne renonce pas au dialogue.
« Nous disons au monde que nous sommes autonomes. » Un rien nombriliste, le président du Comité civique de Santa Cruz, Branco Marinkovic, s’est délecté, dimanche, à l’annonce des premiers résultats de la consultation référendaire, orchestrée par les secteurs oligarques boliviens, sur le devenir de ce riche département de l’est du pays.
Selon un premier décompte très partiel (20 % des bulletins dépouillés à l’heure où nous rédigeons ces lignes), le « oui » à l’autonomie l’aurait emporté avec 84 % des suffrages, contre 11,5 % en faveur du « non » (3,8 % de votes nuls et blancs). De son côté, le comité départemental électoral annonçait une victoire des partisans de l’autonomie avec 81,93 %, contre 18,07 % pour les opposants. Quant à l’abstention, grande oubliée des discours des « vainqueurs », elle oscillerait aux alentours des 39 %, soit le double que lors des précédents scrutins. De quoi nuancer la prétendue adhésion massive au projet autonomiste.
constitution nulle et non avenue
De toute façon, quels que soient les résultats finaux, cette consultation est nulle et non avenue en raison de son caractère anticonstitutionnel, donc illégal, comme l’ont rappelé, avant même sa tenue, nombre de pays voisins de la Bolivie, ainsi que l’Organisation des états américains (OEA). Revancharde, la droite s’est bornée au point de susciter la colère révolte des organisations populaires et syndicales. Ces dernières sont bien décidées à en découdre avec un séparatisme fondé sur le refus d’une juste répartition des richesses du pays et sur le racisme à l’égard des indigènes, et plus généralement contre les réformes sociales du gouvernement Evo Morales (voir ci-dessous).
Au cours des affrontements qui ont opposé partisans et opposants de l’autonomie, notamment dans le quartier populaire Plan 3000, dans la banlieue de Santa Cruz, une personne a été tuée, 17 autres blessées, tandis que la police a procédé à 40 arrestations, selon le ministre du Gouvernement, Alfredo Rada.
Cette violence était plus que prévisible tant la démarche des autorités départementales est vécue par une majorité de Boliviens comme la négation de leur souveraineté, conquise il y a trois ans avec l’élection d’Evo Morales à la tête de l’État, et sa politique de justice sociale impulsée depuis. Mais n’est-ce pas là le schéma voulu par l’oligarchie ? Le chef de l’État et l’exécutif ont indiqué qu’ils poursuivraient leur politique de dialogue. Dimanche, Evo Morales a annoncé qu’il réunirait, de nouveau, les préfets des régions afin de bâtir une autonomie, si c’est de cela dont il s’agit, mais en faveur du peuple. « Travaillons pour une vraie autonomie, une autonomie basée sur la nouvelle Constitution politique de l’État bolivien », a-t-il plaidé, tandis que trois autres départementaux clés de l’économie bolivienne ont prévu, en juin, des référendums similaires.
Il y a peu de chance que l’opposition entende le message tant elle s’est bornée jusqu’à présent à mépriser les mains tendues par La Paz, l’Église ou encore l’OEA. Face à la fièvre autonomiste, cheval de Troie d’une droite factieuse, la communauté internationale, elle, brille par son silence.
Cathy Ceïbe @ l'Humanité.fr
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Au Guatemala, 



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